Clap Your Hands Say Yeah ! est avec les Arctic Monkeys, l’un des groupes les plus attendus de ce début d’année 2006. Les échos que j’avais eus de leur prestation au Transmusicales de Rennes étaient assez mitigés. Ayant adoré leur premier album, j’étais vraiment impatient de me faire une opinion par moi-même.
Commençons par une note positive. Cela fait plaisir de voir un jeune groupe, qui ne soit pas un groupe de métal, ayant un batteur qui sache taper fort et en rythme. Les Clap Your Hands Say Yeah ! n’hésitent d’ailleurs pas à lancer des intros à la batterie. Malgré un problème technique qui l’a obligé a changé de basse, le bassiste joue (trop) proprement sans fioriture. La manière de jouer des autres membres est plus atypique. Ce sont eux qui donnent réellement du style au groupe aussi bien musicalement que dans le jeu de scène. Le « clavier » donne l’impression d’être branché sur courant alternatif, sur certains morceaux il paraît réellement « habité » et vit pleinement sa musique, sur d’autres au contraire il semble presque absent. Le guitariste prend beaucoup de plaisir sur scène, il a une joie vraiment communicative. Le leader, Alec Ounsworth (chant-guitare-harmonica), possède une vraie bouille de chanteur de rock (c’est un croisement entre John Stargasm de Ghinzu et Dan Black de The Servant). Son regard a petit côté Jack Nicholson, dans Vol au dessus d’un nid de coucou, qui a sans cesse l’air de dire : attention, ne me prenez pas au sérieux, je suis fou ! A l’image de son chanteur, Clap Your Hands Say Yeah ! est un groupe pas commun, qui n’a pas peur de délivrer une musique sur le fil du rasoir. Clap Your Hands Say Yeah ! aime jouer avec les limites souvent très minces entre le magique et l’inaudible. Finalement les caractéristiques de l’album (relire la chronique de l’album) sont mises en exergue sur scène. La voix d’Alec Ounsworth et sa manière de chanter (souvent faux !) peuvent en rebuter certains mais ce sont ces deux éléments qui donnent à Clap Your Hands Say Yeah ! tout son charme. J’ai moins accroché sur sa façon de jouer de l’harmonica.
Les premiers morceaux furent très bons, bien dans l’esprit de l’album. Les suivants (notamment des anciens morceaux) manquaient de vie, l’ambiance est quelque peu retombée. Mais la dernière demi-heure fut excellente avec pour commencer la chanson homonyme du groupe qui prend tout son sens en live.
Ce qui m’a surpris, c’est que le groupe prend le parti de ne pas aller au bout des choses. Cela donne un côté mal fini à leur morceaux (un peu comme des esquisses en peinture) qui peut plaire ou au contraire rebuter. Je crois que c’est du à un choix délibéré de leur part et non à des carences techniques ou à un manque de maîtrise sur scène. J’ai regretté que certaines chansons (Let The Cool Goddess Rust Away, Is This Love, Gimme Sone Salt, Heavy Metal) s’arrêtent brusquement au bout de deux-trois minutes ce qui fut un peu frustrant. Par contre, les morceaux (Upon This Tidal Wave Of Young, The Skin Of My Yellow Country entre autres) ayant échappé à cet arrêt précoce sont vraiment jouissifs.
Les gens sont venus en connaissance de cause et n’eurent pas l’air surpris de la prestation de Clap Your Hands Say Yeah !. Rares sont ceux qui furent déçus, j’ai vu un public plutôt enthousiaste à la sortie du concert. Pour ma part, je reste un peu sur ma faim mais satisfait malgré tout de ma soirée.
PS : la photo est (à) l’image du groupe : difficile à cerner.
